PROJECT ASHABI
African Stories. Limitless Worlds.
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African Stories. Limitless Worlds.

Project Gutenberg Archive
Complete unabridged public-domain literary work from the Project Gutenberg archive.
Project Ashabi is being built as the home of original African comics, webtoons, graphic novels, and fiction.
This third-party Novel / Book title is temporary preview content. Step by step, third-party titles will be phased out and replaced exclusively by Ashabi Originals created by African writers and artists.
This eBook was produced by Christian SCHERER <scherer@paris.ensmp.fr>, and prepared for PG by Laurent Le Guillou <leguillou.laurent@free.fr>.
Nicolas Boileau-Despréaux (1636-1711), "Oeuvres Complètes de Boileau-Despréaux, Nouvelle édition, Accompagnée de notes pour l'intelligence du texte, et précédée d'une notice historique sur la vie et les écrits de l'auteur, Avec gravures" Paris, B. Renault et Cie, Libraires-Éditeurs, 8, rue Larrey, 1858.
Je chante les combats, et ce prélat terrible Qui par ses longs travaux et sa force invincible, Dans une illustre église exerçant son grand coeur, Fit placer à la fin un lutrin dans le choeur. C'est en vain que le chantre, abusant d'un faux titre, Deux fois l'en fit ôter par les mains du chapitre : Ce prélat, sur le banc de son rival altier Deux fois le reportant, l'en couvrit tout entier.
Muse redis-mois donc quelle ardeur de vengeance De ces hommes sacrés rompit l'intelligence, Et troubla si longtemps deux célèbres rivaux. Tant de fiel entre-t-il dans l'âme des dévots !
Et toi, fameux héros, dont la sage entremise De ce schisme naissant débarrassa l'Eglise, Viens d'un regard heureux animer mon projet, Et garde-toi de rire en ce grave sujet.
Paris voyait fleurir son antique chapelle : Ses chanoines vermeils et brillants de santé S'engraissaient d'une longue et sainte oisiveté ; Sans sortir de leurs lits plus doux que des hermines, Ces pieux fainéants faisaient chanter matines, Veillaient à bien dîner, et laissaient en leur lieu A des chantres gagés le soin de louer Dieu : Quand la Discorde, encore toute noire de crimes, Sortant des Cordeliers pour aller aux Minimes, Avec cet air hideux qui fait frémir la Paix, S'arrêter près d'un arbre au pied de son palais, Là, d'un oeil attentif contemplant son empire, A l'aspect du tumulte elle-même s'admire. Elle y voit par le coche et d'Evreux et du Mans Accourir à grand flots ses fidèles Normands : Elle y voit aborder le marquis, la comtesse, Le bourgeois, le manant, le clergé, la noblesse ; Et partout des plaideurs les escadrons épars Faire autour de Thémis flotter ses étendards. Mais une église seule à ses yeux immobile Garde au sein du tumulte une assiette tranquille. Elle seule la brave ; elle seule aux procès De ses paisibles murs veut défendre l'accès. La Discorde, à l'aspect d'un calme qui l'offense, Fait siffler ses serpents, s'excite à la vengeance Sa bouche se remplit d'un poison odieux, Et de longs traits de feu lui sortent par les yeux.
Quoi ! dit-elle d'un ton qui fit trembler les vitres, J'aurai pu jusqu'ici brouiller tous les chapitres, Diviser Cordeliers, Carmes et Célestins ; J'aurai fait soutenir un siège aux Augustins : Et cette église seule, à mes ordres rebelle, Nourrira dans son sein une paix éternelle ! Suis-je donc la Discorde ? et, parmi les mortels, Qui voudra désormais encenser mes autels ?
A ces mots, d'un bonnet couvrant sa tête énorme, Elle prend d'un vieux chantre et la taille et la forme : Elle peint de bourgeons son visage guerrier, Et s'en va de ce pas trouver le trésorier.

Arthur Conan Doyle